qu'est-ce que c'est ?

think-string
#1

 

..la causalité en question..
.> Mathias Clivaz, le 17.09.2009.


Nous avons, pour penser les causes de nos actions, et pour penser les causes des phénomènes, différents outils à notre disposition, et différentes manières de les utiliser.

En français, comme à ma connaissance dans toutes les langues indo-européennes, la conjonction du type « parce que » permet d’articuler, dans une création d’ordre qui fait sens, un phénomène à un autre. Ce type de causalité, à première vue le plus utilisé dans nos sociétés contemporaines, peut être qualifié de « linéaire », et certainement y sommes-nous confortés par notre langage et nos habitudes ; un événement est cause d’un autre événement et ainsi de suite selon des chaînes causales indépendantes (?) ; ce type de causalité est d’ailleurs au fondement ce que les physiciens appellent le principe de causalité, dont voici l’énoncé : « si un phénomène (nommé cause) produit un autre phénomène (nommé effet), alors l’effet ne peut précéder la cause ».

Cette explication satisfait à des critères pratiques, lesquels répondent non seulement aux exigences de l’expérimentation scientifique, mais aussi à l’évaluation des comportements humains, dans la psychologie, la morale religieuse ou l’éthique, et dont le système législatif, dans nos sociétés, tient en dernière instance la balance et l’épée. Preuves, mobiles de l’action, intentions, tout cela est tenu par nos exigences et nos besoins — ainsi que, pour une part non négligeable, par notre inertie — pour vrai, lorsqu’il s’agit d’expliquer les causes des actions humaines. C’est cette interprétation du monde qui produit dans l’être humain le sens et la valeur de sa « responsabilité », envers les actions dans lesquelles il est impliqué de manière visible et significative. Et de nous demander alors : de manière visible aux yeux de qui, significative selon quelle interprétation ?

Il y aurait donc d’une part différentes manières de conduire le même type de causalité ; mais d’autre part, il semble que la causalité linéaire ne soit pas le seul et unique modèle de causalité.

En effet, si l’on étend la définition de la « causalité » à tout ce qui peut produire du sens au vu des actions humaines et des phénomènes, nous rencontrons des modes de pensée pour lesquels cette production n’est pas forcément linéaire, ni, peut-être, irréversible. C’est à ce questionnement que je vous invite à participer, en réfléchissant aux différents modes de la causalité linéaire et à leurs implications d’une part, et d’autre part, en recherchant d’autres types de causalité pouvant motiver nos actions, ainsi que d’autres types de causalité concernant plus spécifiquement l’interprétation des phénomènes physiques. Pour les plus hardis, reste bien sûr à penser la causalité entre ce que le sens commun nous présente comme deux domaines distincts : l’âme et le corps, le psychique et le physique ; mais je crois qu’il serait aussi bien de laisser ce questionnement à un prochain filage.

Afin d’ouvrir le champ réflexif, je retranscris ci-dessous quelques unes de mes notes concernant d’autres types de causalité-sens qu’il m’a semblé intéressant d’envisager :

Causalité circulaire : serait typique des sociétés « animistes », ce qui pose la question du rapport de l’être humain au temps, à l’Histoire, à la notion de « progrès », au relativisme einsteinien ; ce type de causalité se formerait en miroir d’une image de la Nature, la répétition du même (dans les rites, les mythes) épousant la cyclicité des saisons ; la causalité circulaire semble pourtant faire partie intégrante des modes explicatifs utilisés de nos jours ; on la retrouve par exemple dans certaines expressions du langage courant (« c’est toujours la même chose »), dans les références à une forme ou une autre de destin, ou encore à travers les rites séculiers liés au passage des saisons et au calendrier, tels que fête du Nouvel An, les fêtes religieuses en général, ou encore dans les promenades automnales que nous faisons dans les vignes et les forêts rougeoyantes…

Causalité en spirale : s’appliquerait à différentes échelles, 1) micro et 2) macro-temporelles ; 1) l’idée selon laquelle il existe différents cycles dans la vie humaine, qui nous font repasser par les mêmes étapes mais à différents niveaux d’intensité, expérimentant les mêmes événements selon des perspectives différentes ; 2) l’idée selon laquelle, en particulier dans certaines religions asiatiques, il existerait des « grands cycles » (rapport à l’évolution de la « conscience collective » ; cycle de réincarnation ; …), idée largement reprise par la tradition New Age, et idée que l’on retrouve aussi dans la tradition occidentale notamment à travers la théorie des « grands âges » (âge d’or, d’argent, de bronze, de fer, de diamant, âge d’or etc.) ; la causalité en spirale se rencontrerait-elle aussi dans la théorie des « grandes civilisations » (naissance, montée en puissance, apogée, déclin) ? ; j’évoquerai enfin l’image du serpent, celui du caducée, de l’ADN ou de la Kundalini…

Causalité archétypique : appelée « synchronicité » par son théoricien le plus connu, Carl Gustav Jung ; les formes vivantes de l’inconscient collectif se manifestent à travers des constellations de faits distincts qu’elles configurent ; les archétypes agissent sur les circonstances (et sur l’être humain qui n’est qu’une circonstance parmi d’autres) en y dessinant des « patterns of behaviour », des schémas de comportement ; dans ce type de causalité, l’effet peut précéder la cause, car le « temps » linéaire irréversible étant une production de la psyché humaine, cette dernière le transcende ; à noter encore que Jung parle de la synchronicité comme d’un « principe explicatif de relations a-causales », en référant le concept de causalité à la seule causalité linéaire irréversible (ceci n’entre donc pas en contradiction avec notre définition élargie de la causalité comme causalité-sens)…

Causalité du « hasard » : causalité par sauts (?) ; non-sens global, mais productions de sens locales ; idem pour les autres types de causalité (linéaire, circulaire, spirale, archétypique, …) que l’être humain « reconnaît » dans le monde où il vit : autant de constructions locales et momentanées ; la causalité du hasard n’est ainsi pas à prendre comme l’effet de notre ignorance, mais comme une causalité à part entière qui suivrait des règles essentiellement irrégulières (?)...




Sous réserve de modifications ultérieurs,
ce fil de pensée sera "courant" pendant un mois, soit jusqu'au mercredi 15 octobre 2009. Envoyez vos contributions, remarques, fantaisies, histoires ou dessins, en réponse à ce mail à l'adresse reseau.noetique[at]gmail.com. Vos envois seront intégrés au fur et à mesure sur une page web à l'adresse http://noetique.skafka.net. Si vous souhaitez garder l'anonymat, prière de le préciser ou de mentionner un pseudo.

.

.

..réponses du réseau...


> Geneviève, 17.09.2009

La question de la causalité circulaire dans les cultures africaines semble inappropriée, du moins en terme de différentes causes qui entraînent un effet, il semblerait, aux dires de certains anthropologues, que ce n'est pas ainsi que les Africains pensent, que ce déterminisme ne correspond pas à ces cultures, mais je ne peux approfondir en ce moment.

Par contre, pour contourner la question de la causalité, la théorie des probabilités a préféré le terme d'association pour éviter d'indiquer le sens des relations. L'association se limite à nous dire que nous reconnaissons l'apparition de deux événements dans plusieurs situations, plusieurs contextes sans qu'on puisse dire si l'un précède l'autre. La causalité ne pourra être évoquée que, suite à une multiplicité d'études réplicatives et par mesure de prudence, on parle souvent de risque relatif en épidémiologie, plutôt que de cause à effet.

 


> Mathias, 21.09.2009

Tu pointes un défaut de vocabulaire, mais ça va plus loin : parler de "causalité", même dans un sens étendu comme je l'avais mentionné dans le lancement de ce fil, porte à confusion, puisque l'on en reste par l'utilisation de ce mot à un principe de consécution.
Le problème c'est que la manière de poser la question de la causalité, et en fin de compte même cette manière de poser des questions tout court, entre de plein pied dans la recherche d'explications. Une explication peut-elle être a-causale ? Il semble que Jung lui-même se fasse prendre dans ce paradoxe lorsqu'il définit la synchronicité comme un "principe explicatif de relations a-causales"...

Une manière de procéder serait déjà de remplacer "causalité" par "relation" : relation causale-linéaire, circulaire, en spirale, etc. et relation a-causale archétypique, du hasard, etc.

Dans le premier cas, on se retrouve avec des événements qui surviennent PARCE QU'il y a chaînes causales indépendantes, parce qu'il y a répétition d'un schéma socio-culturel associé à l'image cyclique de la Nature, ou parce qu'il y a, d'une manière ou d'une autre, des "grands ordres" qui gouverneraient le cosmos. Dans le second cas, on met le "parce que" littéralement de côté, pour considérer le sens donné aux événements non comme explication, mais comme récit.

Le point de vue est ici déterminant. Ceux qui donnent crédit à tel ou tel type de relations entre des événements --- comme nous le faisons tous à un niveau pratique élémentaire (aller prendre un bain "pour" se laver, acheter tels aliments "pour" préparer tel plat, etc.) --- se le présentent en effet davantage sous la forme d'un récit, que comme une explication argumentée.

 

 

> Françoise et Jean-Daniel, 23.09.2009

..................Synthèse : effet un jour,
..........................................cause toujours

 

 

> Joël, 27.09.2009

Je pense au moins à un exemple dans lequel l'effet précède la cause, mais vu qu'il s'agit de science-fiction, on ne peut qu'en apprécier la contradiction. Comme dans le fameux Terminator où l'envoi dans le passé du père du chef de la rebllion par ce dernier est la cause de la rencontre du premier avec la mère du second... Mais encore une fois cela montre pour moi l'impossibilité d'imaginer dans un exemple pratique un effet pouvant précéder une cause sans entrer dans une contradiction flagrante.

Pour moi les deux seules possibilités de contrecarrer cet état de fait seraient tout d'abord d'admettre que nos sens nous trompent sur la réalité du monde qui nous entoure. Dans un tel cas il est pour moi difficile de développer beaucoup plus en avant. En effet, si l'on admet que nos sens nous trompent je ne vois pas comment notre raison pourrait nous aider, elle qui est si intimement liée à la perception du monde qui nous entoure. Par voie de conséquence le monde qui nous entoure resterait à jamais un secret que nous ne pourrions jamais appréhender.

Le deuxième serait le cas où notre notion de temps serait fausse. Parce qu'une cause précède un effet toujours dans le cas où l'on admet que le temps s'écoule de manière linéaire ou du moins progressive. Comment pourrait-il en être autrement ? Je ne le sais pas. Mais si par exemple on admettait que tout est contenu dans ce qui est présent, à savoir aussi le passé et le futur. Alors le temps perd de son sens et ne devient que la perspective de laquelle on regarde la même chose et les causes et les effets se mélangent pour se confondre. Si l'on étend cela au champ scientifique c'est finalement ce qu'appliquent les physiciens qui tentent de remonter au big bang, les biologistes qui remontent aux origines de la vie, les paléontologues qui remontent aux origines de l'homme, ils considèrent l'état actuel pour en déduire le passé. Mais on pourrait presque dire que l'état actuel est la cause de l'état passé. Le big bang c'est déroulé de cette manière PARCE QUE nous observons tels rayonnements aux confin de l'univers.
Et voilà que les effets deviennent les causes. CQFD

 


> Mathias, 30.09.2009

Dans le genre "paradoxe temporel", il y a aussi une autre série de films fameux à ce sujet, les Retour vers le futur. Dans le 1er épisode, Marty, remonté quelques 20 années en arrière dans le temps, se fait renverser par le père de sa mère ; ses grands-parents le recueillent et sa mère tombe amoureuse de lui ; le drame c'est que, du même coup, sa mère ne tombe pas amoureuse de son père ; et sur une photo de famille que Marty a emporté avec lui, son corps s'efface... Il va donc devoir mettre tout en oeuvre pour que les choses redeviennent "normales". Là où le paradoxe survient, c'est quand on commence à penser à la boucle temporelle qui se trouve ainsi inscrit dans le fameux "continuum espace-temps". Rien ne dit en effet qu'il ait existé une première puis une dernière version de l'histoire : Marty pourrait n'être né que parce qu'il était destiné à remonter dans le temps et à faire se rencontrer ses parents... Sauf que, lorsqu'il revient à son époque, son père, conséquemment aux modifications que les entreprises de Marty pour lui faire rencontrer sa mère a provoqué, son père n'est plus un "looser" mais un "gagnant".

De fait, c'est une façon de voir les choses qui rejoint la théorie de Cournot sur le hasard qu'il définit comme "la rencontre de deux séries causales indépendantes". Pour qu'on puisse remonter dans le temps et changer un paramètre sans modifier la trame des événements dans son entier, il faut en effet admettre une certaine indépendance des séries causales (laquelle n'est, d'après la théorie du chaos, loin d'être acquise !). Cette interprétation du temps est réitérée dans le 2e épisode, lorsque Marty se retrouvera dans un "monde parallèle" produit à partir d'une modification dans la trame des événements introduites par le "méchant", revenu donné à son "moi" adolescent les résultats du loto sportif pour les trentes années à venir...

Je ferais donc comme toi pour l'instant, je laisserai ce sujet de côté. Et ainsi ferais-je de ta première hypothèse pour sortir de la causalité linéaire, celle de la tromperie de nos sens. Dans ce sens-là du moins ; car il serait intéressant de retourner le paradigme que tu décris et de nous demander dans quelle mesure notre raison, à son tour, influence notre perception.

C'est bien ce qu'on retrouve dans ta deuxième hypothèse, où tu en viens à questionner notre notion du "temps". Tu prends comme point de pivot le perspectivisme, tant de notre perception que de notre intellection du réel. Et effectivement, nous percevons et nous pensons dans un temps biologique déterminé, et dans des conditions de survie qui sont telles, que la causalité linéaire nous est par certains aspects vitale, ne serait-ce que pour obtenir de la nourriture en travaillant la terre ou en chassant, ou en allant dans un magasin...

Et là tu fais un saut que je ne suis pas sûr de comprendre, et tu arrives à te demander, au juste : qu'est-ce qu'on fait lorsqu'on détermine les causes par observation des effets ? Typiquement lorsque tu parles du rayonnement cosmique, qui est dit "résidu" d'une cause extrêment lointaine dans le passé et qu'on a appelé le "big bang" : d'une part on pourrait soupçonner qu'il aurait pu se passer dans un tel intervalle de temps bien des choses qui pourraient justifier un tel rayonnement, et d'autre part, plus important peut-être, on pourrait se demander pourquoi la pensée humaine, face à un tel phénomène, a conçu la théorie du big bang plutôt qu'une autre théorie...

 

 

> Ricardo et Sara, 07.10.2009

De façon générale l’exercice d’une archéologie des causalités est utile s’il permet à celle/celui qui l’entreprend de renforcer son interrogation sur les modes d’établissement des liens causaux dans son réel (Est-ce que l’archéologie des formes crée de l’emprise ou de l’action, ou au plus est-elle descriptive ? Quel est le lien entre description en action dans le contexte de la causalité ?). De plus un débat sur la causalité n’épuiserait pas tout son intérêt si on ne s’en servait pas comme prétexte pour aborder celui des responsabilités, i.e. la capacité de répondre d’un acte (étymologiquement, responsabilité vient de respondere). Généralisation: Si X est la cause d’un acte, X est capable d’en répondre (en assumer les conséquences). La loi occidentale, par exemple se construit sur la réponse, d’un côté soit des personnes ne sont pas en mesure de répondre (âge et santé mentale comme paramètres d’une évaluation) ou sinon elles sont considérées comme aptes à répondre de leurs actes et sont par conséquent soumises à la responsabilité des chaînes causales qui passent par elles (malheureusement on est presque toujours dans le registre de la punition). Collectivement, la société donne par acquis qu’un individu riche de certaines capacités mentales et physiques est capable de s’aligner sur un pacte commun, la loi. Hors la question la plus intéressante à nos yeux est la suivante

 Quelle est la nature des phénomènes qui interfèrent avec le processus d’établissement d’une cause ? Ou Columbo contre Monsanto.

On peut aussi ajouter au débat une certaine ‘zoologie’ des interférences possibles à l’établissement du lien entre une cause et un effet ou phénomène, quoique dans la plupart des cas on est plutôt devant un effet et on cherche à en retrouver la cause. Dans cette optique, on pourrait parler de causalité réelle (qui permet d’éclairer un régime des processus ; processus de mise en évidence d’une corrélation existante tout en tenant compte de la complexité du réel, des forces en puissance et de leur jeu) et la causalité virtuelle [la loi : exemple du meurtre : si un cadavre existe Columbo doit rétablir à rebours une intelligibilité du crime à partir d’indices, cet établissement d’une corrélation causalité entre un phénomène et sa cause ou d’un ensemble de paramètres concourant à un état de fait(s)]. Par exemple, d’un point de vue virtuel si une ville se trouve écologiquement ravagée, Columbo interviendrait pour retrouver le/la/les auteur(e)s et son enquête finie l’épisode se clorait là.  Mais dans un cas plus réel cette fois, si une industrie telle que Monsanto est établie non loin de là, on pourrait ou devrait appliquer une loi qui punirait ce type de tricheurs du bien commun et rétablir un nouvel équilibre écosocial. Dans la pratique, faire la preuve de ce lien causal est plus difficile à faire valoir qu’il n’y parait de prime abord, tout un dispositif d’interférences empêchent le dévoilement de cette causalité, ainsi entrent un jeu d’avocats, de contre expertises, médias etc. autant de savoirs-pouvoirs (intrication d’intérêts mercantilo-industriels) qui tendent à interférer ou reporter ailleurs la cause d’un effet. Ce type de mécanisme de savoir->pouvoir (ou pouvoir->savoir) occulte l’établissement correct de ce que la loi demande, la virtualité d’une chaîne causale dont on parlait avant.

 

 

 

 
 

 

réseau noétique

participez !
reseau.noetique[at]gmail.com

 

 


qu'est-ce que c'est ?

 

L'idée selon laquelle "on ne pense jamais seul" devait être mise à l'essai, d'une manière qui ne dépende plus seulement du caractère "hasardeux" des rencontres, mais portée cette fois-ci de façon explicite jusque dans vos boîtes aux lettres. Je lance donc aujourd'hui l'avant-premier fil de ce qu'on pourrait appeler un "réseau noétique" : une collectivité de pensées œuvrant sur des clés-thématiques communes. D'une manière approchant ce qui se fait en informatique, où chacun peut mettre un peu de la mémoire vive de son ordinateur personnel à la disposition d'un projet nécessitant une vaste capacité de calcul, il s'agit de synchroniser ici des foyers de pensée humaine au bénéfice d'un projet nécessitant une plus forte tension constituante. Puisqu'en effet la pensée humaine n'a rien d'une pure calculatrice, mais se mêle d'affects et de vibrations colorées et diverses, et qu'en chacun se décide, par l'interprétation qu'il produit du monde où il vit, la tension dans laquelle cette interprétation rencontre les autres, constituant ce "monde commun" où nous vivons.

De là qu'un tel réseau s'adresse aussi bien aux philosophes qu'aux non-philosophes, aux assistants sociaux, danseurs ou maîtres d'école, aux ingénieurs, biologistes, coiffeurs, ouvriers, marchands de tabac, directeurs d'entreprise, peintres en bâtiment ou en toile, acteurs de la scène et du quotidien, etc. L'intérêt, comme le disait Descartes, étant précisément que nous conduisons "nos pensées par diverses voies".

Mode d'emploi : 1) en tant que récepteur, si vous recevez un mail vous proposant de réfléchir à tel ou tel sujet, il vous appartient de laisser cette ligne de pensée vagabonder dans votre tête, votre corps, votre voix, autour de vous, de récolter, et de rédiger enfin -- de manière sommaire, style libre -- un compte-rendu de votre expérience de pensée, que vous enverrez à l'adresse mail : reseau.noetique[at]gmail.com (si possible sur le mode "réponse" au mail que vous avez reçu), ou bien que vous pourrez poster sous la forme d'un commentaire si l'adresse d'un blog est indiquée par l'émetteur ;  2) en tant qu'émetteur,  j'ai organisé la chose comme suit, par souci de sécurité et de performance du système : envoyez-moi un mail avec votre requête à l'adresse : mathias.clivaz[at]gmail.com, et je me chargerai de la diffuser. Je m'occuperai de reproduire chaque réponse reçue sur une page web à l'adresse http://noetique.skafka.net.

Si vous recevez ce mail, vous êtes dans le réseau. Si vous souhaitez sortir du réseau, il suffit de renvoyer le mail reçu à l'expéditeur en mettant "sortir" comme sujet, et votre adresse sera retirée de la liste de diffusion. Si vous souhaitez (faire) entrer (quelqu'un) dans le réseau, il suffit d'envoyer un mail à l'adresse reseau.noetique[at]gmail.com, en mentionnant "inscription" dans l'objet et la ou les adresse(s) mail dans le corps.

> Mathias Clivaz, 15.09.2009.

 

haut de la page !